L'instrumentHistoriqueLes musiciensLa musiqueDivers
 


Historique

Premiers témoignages
Une seule corde
Un nouveau système
Une influence majeure
Le murmure de l'âme
Récits de voyageurs



Ragini Kedar,
Hyderabad,
vers 1750,
Kolkata,
Indian Museum
(détail)
 

Premiers témoignages
 
 

La plus ancienne représentation connue de la cithare sur bâton figure sur une peinture murale de l’une des grottes du site bouddhique d’Ajanta (Maharastra) et date de la fin de la période gupta (5e siècle).
  Voir l'image en grand format (79 Ko)  
On y voit un personnage céleste situé à la droite du dieu Indra et tenant dans la paume de sa main droite un long et fin bâton qui repose sur son épaule droite. Au sommet de ce bâton est fixé un résonateur très évasé et le personnage semble chanter tout en pinçant l’unique corde de son instrument.


Ajanta (grotte 17) fin 5e siècle

Il est possible que cette cithare sur bâton ait été la vina dénommée ghosaka dans le célèbre traité d’art théâtral, le Natya-shastra (début de notre ère), instrument alors de second plan qui pourrait avoir eu une fonction de bourdon.
Ce sont également des personnages célestes, mi-hommes mi-oiseaux, qui jouent du même type d’instrument sur le flanc d’un rocher sculpté au 7e siècle à Mahabalipuram, situé sur la côte du Coromandel au sud de Madras (Tamilnadu).

Le bâton n’est plus posé sur l’épaule mais maintenu en travers du corps, le résonateur hémisphérique étant appliqué contre la poitrine. Cette position de jeu caractéristique se retrouve très fré- quemment sur de nombreux reliefs de l’époque, principalement dans le sud de la péninsule.


Mahabalipuram, La descente du Gange,
détail, 7e siècle

  Voir l'image en grand format (65 Ko)  

Il s’agit toujours d’un instrument monocorde de conception rudimentaire, composé d’un résonateur en calebasse ou en noix de coco fixé sur un bâton ou un tube à l’aide d’un lien en fibre végétale.
Un instrument semblable appelé tuila était encore joué il y a peu en Orissa.
À cette époque, le dieu Shiva fut souvent représenté jouant ou tenant entre ses mains l’un de ces premiers types de vina qui, tout comme le tambour en forme de sablier damaru, était considérée comme un de ses attributs divins.
  Voir l'image en grand format (52 Ko)  

Ici, la position de jeu est pratiquement identique à celle qu’adoptent les personnages de Mahabalipuram. Le résonateur très évasé (semblable à celui d’Ajanta) est maintenu contre la poitrine avec la paume de la main gauche. Les dimensions, la méthode de construction ainsi que la technique de jeu sophistiquée de cette cithare sur bâton, dénommée alapini, sont discutées en détail dans les traités musicologiques de l’Inde médiévale.


Shiva, Ellora (grotte 16) 8e siècle

Les vina monocordes étaient devenues très populaires à la fin du premier millénaire et plusieurs lettrés arabes en firent état lors de leurs voyages en Inde dans le courant du Xe siècle.
 
Retour en haut Page suivante