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Historique

Premiers témoignages
Une seule corde
Un nouveau système
Une influence majeure
Le murmure de l'âme
Récits de voyageurs



Ragini Kedar,
Hyderabad,
vers 1750,
Kolkata,
Indian Museum
(détail)
 

Une seule corde
 
 

Parmi les différents types de vina alors en usage, l’une d’elles, appelée ekatantri (« une corde »), avait un aspect semblable à l’alapini vina.
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Elle s’en distinguait cependant par un important tube de bois qui remplaçait le bâton et par la présence d’un large chevalet plat qui surmontait le cordier, une pièce de bois emboîtée à l’extrémité inférieure du tube. La variation de hauteur du son était obtenue en faisant glisser un petit bâtonnet tenu dans la main gauche du musicien sur toute la longueur de la corde. Il était ainsi possible d’exprimer, sur un instrument de facture relativement simple, les plus fines nuances microtonales.


Sarasvati, Gorakhpur,
10e siècle
?

Ce très bel exemple sculpté représente la déesse Sarasvati, déesse de la sagesse et du savoir, patronne des arts jouant de l’ekatantri vina.
L’ekatantri apparaît sur de nombreux reliefs sculptés de temples érigés entre le 9e et le 12e siècle.

À l’instar de l’alapini, elle conservera un certain prestige jusque vers la fin du 18e siècle. Décrite de façon élogieuse dans la littérature musicale en sanscrit (11e – 13e siècles), elle est regardée comme la mère de toutes les vina. Grâce à sa technique de jeu, elle fut l’instrument idéal pour interpréter l’alap, prélude non mesuré et improvisé dont le rôle était de mettre en évidence les caractéristiques mélodiques du raga.

Amplement commenté au 13e siècle par Sarngadeva dans son Sangita-ratnakara, l’alap se développa au cours des siècles pour devenir l’élément essentiel du raga.


Détail d’un relief de l’époque pala,
10e siècle

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C’est une vina du type ekatantri qui illustre l’un des folios du Ghunyat al-munya, traité rédigé en persan et commandité par le gouverneur du Gujerat pour sensibiliser la noblesse musulmane à l’art musical de l’Inde.

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Page du Ghunyat al-munya, Gujerat, 1374-75
 
L’auteur anonyme de ce texte fait remarquer la grande diversité des instruments alors en usage (un bon nombre d’entre eux étant des vina) et fournit de précieuses informations sur les pratiques musicales de son temps. C’est ainsi qu’il indique que le tube de cette vina, appelée balki (sanscrit: valakki) a été allongé afin d’y porter vingt et un repères, correspondant précisément aux sept notes de l’échelle musicale étendue sur trois octaves.

Une variante de cet instrument possédant deux cordes et deux résonateurs, dénommée bipanchi (sanscrit: vipanchi) figure également parmi les vingt illustrations de ce manuscrit. Toutes deux présentent un cordier recourbé supportant un large chevalet plat, caractéristique qui demeurera un élément essentiel à cette famille d’instruments.
 
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